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La dépense du gouvernement du Québec pour l'éducation, le loisir et le sport

En 2006-2007, la dépense du gouvernement du Québec pour l'éducation, le loisir et le sport est estimée à 12,8 milliards de dollars, ce qui représente 25,2 % de ses dépenses de programmes. Les dépenses de programmes du gouvernement du Québec sont passées de 43,9 milliards de dollars en 2002-2003 à 50,9 milliards de dollars en 2006-2007, ce qui représente une augmentation de 7,0 milliards de dollars.

Lorsque l'on compare la répartition des dépenses de programmes selon les grands secteurs, on peut observer qu'il y a eu des changements notables dans leur importance relative, au cours de la période considérée. Ainsi, le secteur « Santé et Services sociaux » a vu son poids relatif passer de 35,6 % à 43,5% entre 1992-1993 et 2006-2007. Le secteur « Famille, Aînés et Condition féminine » a vu le sien passer de 0,9 % à 3,4 % au cours de la même période.

Le secteur « Emploi et Solidarité sociale » a pour sa part vu son poids relatif augmenter dans les années 90, puis diminuer pour se situer à 7,9 % en 2006-2007. Le secteur « Éducation, Loisir et Sport » et les « Autres portefeuilles » ont vu leur poids diminuer. Entre 1992 et 1998, la part de l'éducation, du loisir et du sport dans l'ensemble des dépenses de programmes a diminué de 3,3 points de pourcentage, passant de 29,2 % à 25,9 %. Cette diminution s'explique surtout par des compressions budgétaires et l'application d'importantes mesures d'économies dans les organismes d'enseignement.

Entre 1998 et 2006, la part de l'éducation, du loisir et du sport dans les dépenses de programmes a un peu fluctué, se situant à 25,2% en 2006-2007. Bien que la part du budget de l'éducation, du loisir et du sport dans les dépenses gouvernementales soit inférieure en 2006-2007 (25,2 %) par rapport à 1998- 1999 (25,9 %), il faut noter que le budget pour ce secteur est de 12,8 milliards de dollars en 2006-2007, soit 3,2 milliards de dollars de plus qu'en 1998-1999 (une augmentation de 33 %).

L'augmentation de 3,2 milliards de dollars de la dépense en matière d'éducation, de loisir et de sport depuis 1998 s'explique, entre autres, par la bonification des budgets à l'éducation, par les ententes intervenues entre le gouvernement du Québec et les syndicats sur le redressement graduel des échelles de salaires du personnel scolaire (équité salariale) et par les nombreuses mesures de soutien aux organismes d'enseignement. Il est à remarquer que la forte hausse de l'effectif étudiant dans les universités, au cours de cette période, a contribué de façon importante à l'augmentation de la dépense en éducation.

La dépense globale d'éducation par rapport au PIB
En 2005-2006, la part du PIB allouée à l'éducation était plus élevée au Québec que dans le reste du Canada. L'écart s'est cependant rétréci, si l'on compare la situation actuelle avec celle qui existait au début des années 80. .

En 2005-2006, la dépense globale d'éducation par rapport au produit intérieur brut (PIB) est estimée à 7,5 % au Québec ; par comparaison, ce taux est estimé à 7,6 % dans les provinces de l'Atlantique, à 6,3 % en Ontario et à 6,0 % dans les provinces de l'Ouest. Aux États-Unis, la part du PIB consacrée à l'éducation est de 7,6 %. Lorsque l'on considère cet indicateur, il apparaît que l'effort financier en éducation demeure plus important au Québec que dans la moyenne des autres provinces et est à peu près équivalent à celui des États-Unis.

Entre 1993 et 2000, la part du PIB consacrée à l'éducation a diminué dans toutes les régions du Canada, en raison surtout des compressions budgétaires. La part du PIB consacrée à l'éducation au Québec est passée de 8,9 % à 7,7 %, alors que, dans le reste du Canada, elle est passée de 7,6 % à 6,3 %. Par contre, aux États-Unis, elle a augmenté un peu et se situait à 7,5 % en 2000-2001.

Si l'on compare la part du PIB allouée à l'éducation au Québec et celle des pays de l'OCDE en 2003, il ressort que le Québec se situe parmi les États dont l'effort financier est le plus important. Cela s'explique surtout par les coûts de l'enseignement, qui sont relativement plus élevés au Québec que la moyenne de ceux des pays de l'OCDE. Il faut souligner également le fait que l'enseignement postsecondaire, plus développé au Québec que dans les pays de l'OCDE, a contribué de façon importante au plus grand effort financier en éducation au Québec.

Par ailleurs, pour expliquer pourquoi le Québec a investi une plus grande part de son PIB dans l'éducation que le reste du Canada en 2005-2006, on peut considérer les quatre facteurs suivants : la dépense par étudiant; la richesse collective (définie par le PIB par habitant ; le taux de fréquentation scolaire (défini par la proportion que représente l'effectif scolaire total dans la population âgée de 5 à 24 ans) et le facteur démographique (défini par la proportion que représentent les jeunes de 5 à 24 ans dans la population totale). Trois de ces quatre facteurs ont contribué au plus grand effort financier du Québec : la dépense par étudiant, qui est plus élevée au Québec que dans le reste du Canada, le taux de fréquentation scolaire, qui est un peu plus important au Québec, et la richesse collective moindre au Québec. Seul le facteur démographique (population plus âgée au Québec) a eu un effet contraire.

La dépense par étudiant plus élevée au Québec s'explique principalement par de plus petits rapports étudiants/enseignants pour tous les ordres d'enseignement, par des dépenses plus importantes en ce qui concerne les immobilisations et les frais financiers, pour la recherche dans les universités, pour les services de garde en milieu scolaire et le transport scolaire. Il y a également une importante précision à apporter sur la comparaison de la dépense par étudiant du Québec avec celle du reste du Canada; elle concerne les différences dans le coût de la vie. En effet, le coût de la vie est moins élevé au Québec que dans le reste du Canada (écart d'environ 10 % en 2005-2006) et, si l'on ajustait les dépenses pour en tenir compte, la dépense par étudiant, plus élevée au Québec, le serait encore plus.

La dépense globale d'éducation par habitant dans les commissions scolaires, les collèges et les universités
En 2004-2005, la dépense globale par habitant dans les commissions scolaires du Québec est moins élevée que celle du reste du Canada, mais c'est l'inverse dans les collèges et les universités.

En 2004-2005, la dépense globale par habitant est moins élevée dans les commissions scolaires du Québec (1 227 $) que dans celles du reste du Canada (1 417 $). Cependant la dépense globale par habitant est plus élevée dans les collèges du Québec (270 $) que dans ceux du reste du Canada (208 $). Elle est également plus élevée dans les universités du Québec (668 $ en comparaison de 623 $).

Les différences observées entre les régions en ce qui a trait à la dépense globale par habitant pour un organisme d'enseignement donné s'expliquent en partie par les différences structurelles entre les systèmes d'enseignement. Ainsi, la dépense globale par habitant, qui est moins élevée dans les commissions scolaires du Québec que dans celles du reste du Canada (à l'exception des provinces de l'Atlantique), s'explique en partie par la durée plus courte des études au Québec (11 ans au Québec et habituellement 12 ans dans le reste du Canada). À l'inverse, la dépense globale par habitant dans les collèges est plus élevée au Québec que dans le reste du Canada, en raison des caractéristiques uniques de notre réseau collégial (dont l'obligation de faire deux années d'études collégiales avant d'entrer à l'université).

Au Québec, les subventions provinciales contribuent pour une très large part au financement de l'éducation (68,8 %). Ce pourcentage est plus élevé que dans les provinces de l'Atlantique (66,7 %), qu'en Ontario (49,5 %) et que dans les provinces de l'Ouest (54,3 %). Dans les autres provinces, les sources de financement autres que gouvernementales sont plus importantes pour une ou plusieurs des raisons suivantes : soit qu'il y a un financement local plus important, soit que les droits de scolarité sont plus élevés, soit que les organismes scolaires sont davantage en mesure d'obtenir d'autres sources de financement.

En 2006-2007, les droits de scolarité demandés aux étudiants des universités du Québec (1 916 $) représentaient 38 % de ceux qui sont exigés en Ontario (5 046 $). Par ailleurs, contrairement à ceux du Québec, les étudiants des autres provinces qui sont inscrits à un ordre d'enseignement équivalant au collégial paient habituellement des droits de scolarité. Ainsi, en 2004-2005, les étudiants à temps plein dans des programmes d'enseignement des collèges techniques de l'Ontario menant à l'obtention d'un diplôme ou d'un certificat devaient payer, pour la plupart, environ 1 900 $ par année pour les droits de scolarité. Ce montant ne comprend pas les autres frais obligatoires ni les dépenses pour les manuels scolaires et les fournitures utiles.

La dépense globale d'éducation par élève* par rapport au PIB par habitant
L'effort collectif en éducation est plus élevé au Québec que dans la moyenne du reste du Canada. La dépense globale d'éducation par élève est un indicateur de l'effort financier consenti pour l'éducation, et le produit intérieur brut (PIB) par habitant est un indicateur de la richesse collective. La mise en relation des deux éléments fournit un indicateur de l'effort financier relatif : la dépense par élève en proportion du PIB par habitant. En plus de tenir compte de la capacité de payer des régions, ce rapport permet de prendre en compte les différences dans le coût de la vie.

En 2003-2004, au Québec, la dépense globale par élève à l'enseignement primaire et secondaire (8 465 $) était plus élevée que dans les provinces de l'Atlantique (7 748 $) et que dans les provinces de l'Ouest (8 397 $), mais moins élevée qu'en Ontario (8 629 $). La dépense par élève est sensiblement la même au Québec et dans la moyenne du reste du Canada, malgré le fait que les salaires du personnel scolaire sont moins élevés au Québec. Cela s'explique principalement par le fait qu'au Québec les rapports élèves/enseignants sont, en moyenne, plus petits, mais aussi par de plus fortes dépenses au Québec en ce qui concerne les services de garde et le transport scolaire.

Au Québec, la dépense globale par étudiant au collégial (13 588 $) était plus élevée qu'en Ontario (13 238 $), mais moins élevée que dans les provinces de l'Atlantique (13 602 $) et que dans les provinces de l'Ouest (14 675 $) en 2003-2004. Les comparaisons faites au collégial sont fournies à titre indicatif seulement, car les données relatives à cet ordre d'enseignement sont peu comparables d'une province à l'autre, en raison des importantes différences structurelles. Ainsi, au Québec, le diplôme d'études collégiales en formation préuniversitaire constitue la condition habituelle d'admission à l'enseignement universitaire, alors que, dans les autres provinces, le diplôme d'études secondaires est habituellement suffisant. En Ontario, les programmes de formation technique du collégial sont offerts dans les collèges d'arts appliqués et de technologie. Quelques programmes peuvent se comparer, dans une certaine mesure, avec des programmes de formation professionnelle offerts dans les commissions scolaires du Québec. D'autres, plus nombreux, peuvent être comparés avec des programmes de formation technique offerts dans les collèges québécois. Par ailleurs, dans certaines provinces de l'Ouest (surtout en Alberta et en Colombie-Britannique), des étudiants ont la possibilité de faire leurs deux premières années d'études universitaires dans un collège, puis de terminer leur programme d'études à l'université.

Au Québec, la dépense globale par étudiant pour l'enseignement universitaire, en 2005-2006, était plus élevée (26 951 $) qu'en Ontario (22 563 $) et que dans les provinces de l'Atlantique (20 762 $), mais moins élevée que dans les provinces de l'Ouest (28 879 $). Les différences structurelles, dont il a été question précédemment, expliquent en partie les écarts observés entre les régions.

Quand on tient compte de la richesse collective, mesurée par le PIB par habitant, il apparaît que l'effort financier collectif du Québec en éducation est plus important que celui de la moyenne du reste du Canada. Source : Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport

* La dépense globale service de la dette comprend la dépense de fonctionnement, la dépense d'immobilisation, la dépense pour la recherche (pour les universités) et les intérêts sur le service de la dette (mais pas les remboursements de capital), selon le concept retenu par Statistique Canada. Le concept de dépense utilisé dans cette fiche est différent de celui utilisé dans les éditions antérieures des Indicateurs de l'éducation, en raison du fait que certaines données ne sont plus produites par Statistique Canada. Par ailleurs, aux fins du calcul de la dépense par étudiant pour l'enseignement collégial et universitaire, nous avons appliqué une comptabilisation uniforme des effectifs étudiants de toutes les provinces basée sur la convention suivante : les effectifs à temps partiel sont convertis en équivalents au temps plein en étant divisés par 3,5, puis sont additionnés aux effectifs à temps plein.

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